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Rap et slam ne font pas bon ménage, cela serait presque vrai, mais il est un ton qui ne trompe pas, c’est celui de la prison des cœurs, celui des ténèbres qu’on chante.
Pourquoi peut-on chanter aussi facilement les ténèbres et avoir ainsi le succès qu’on attendait ?
C’est parce que les ténèbres sont agglutinées sur les anges du désespoir et de la déraison, qui trouve au-delà des mots des lueurs de la passion commune à tous les poètes , qu’il soient rois ou
chantres, ouvriers ou PDG.
Pourtant la raison du slam a quelque chose de curieux, c’est ce mélange de musique lancinante, qui fait de la poésie un air de déroute de l’armée qui revient à la maison. Une ombre de la nuit s
‘éveille pour le plus petit des chantres, celui qui n’arrive qu’à se faire entendre par les souris du grenier, c’est à dire ceux qui dans la maison des artistes en restent toujours à cirer les
chaussures.
Maintenant, bien sûr, la maison des artistes est bien la maison des artistes, et c’est pourquoi quand un ouvrier passe devant la maison, il s’arrête, ouvre la porte devant la musique lancinante,
et découvre tout à coup un salon, un dortoir, une salle des fêtes, et oublie alors que dans le grenier un tambour sourd continue de frapper sur sa peau détendue.
Et toute la maison rit, et pleure, et vit, quoi !
B.O.